Le blog de Sylvie Etche

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Le spasme du sanglot

 

Chloé a 6 mois, elle commence à trotter à quatre pattes.

Elle est sur notre lit; 3 secondes d’inattention et la voilà qui chute sur la moquette. Et sa tête cogne son lit à barreaux qui se trouve juste à côté.

 

En la prenant dans mes bras il se passe quelque chose d’inhabituel : alors qu’elle est en train de hurler, soudain plus aucun son ne sort de sa bouche ouverte.

Ca dure un moment, elle reste ainsi et n’arrive plus à reprendre son souffle. Et cette apnée se prolonge, pour quelques secondes qui me semblent une éternité.

 

Puis Chloé devient bleue, son corps s’effondre, ses yeux se révulsent et elle fait 2 ou 3 convulsions.

On se regarde Bruno et moi, et on blêmit : elle est maintenant inerte et semble morte.

 

Je bafouille « on appelle les pompiers, vite ».

 

Heureusement Chloé reprend vie soudain, elle se réveille comme si de rien n’était. Par réflexe maternel instinctif je la mets au sein pour la rassurer. Elle tête, ouf. La crise est passée.

 

Sur ce les pompiers arrivent. Lorsqu’on leur décrit la scène ils rigolent. Ils nous disent « ben vous connaissez pas le spasme du sanglot ?.. »

 

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Le spasme du sanglot est un accès de colère, de douleur ou de peur, si puissant qu’il amène l’enfant à perdre connaissance. Il amène l’enfant vers une apnée qui se prolonge tant que l’enfant tombe comme en syncope. Puis rapidement l’enfant revient à lui et tout est oublié.

 

S’il n’y a aucun traitement, le spasme du sanglot est heureusement inoffensif pour l’enfant et sans conséquence physique.

 

La seule conséquence est psychologique : il parait que les parents ont tendance à devenir surprotecteurs, ils ont peur de provoquer une crise et ils cèdent donc aux caprices de leur enfant de peur de faire monter sa colère. L’enfant peut donc apprendre à en tirer son bénéfice.

 

Soit.

Pourtant dans le cas de Chloé, je n’ai jamais ressenti qu’elle « jouait » avec nous en laissant planer la menace d’une crise au-dessus de nos têtes.

Peut-on vraiment être un vicieux manipulateur à 6 mois ?

 

Les crises survenaient après une chute et jamais une colère. On voyait bien une énorme émotion qui submergeait soudain notre bébé, et on ne pouvait strictement rien faire pour enrayer le processus du spasme, juste regarder et rester impuissant.

 

Sur internet il est conseillé aux parents de souffler fort dans la bouche de l’enfant pour lui faire « reprendre contact », lui provoquer un petit choc et le faire respirer, mais ça n’a jamais marché pour nous.

 

On sait que ces spasmes touchent 5% des enfants environ, et ils disparaissent tout seul après l'âge de 6 ou 7 ans au plus tard.

Chloé a fait 5 ou 6 spasmes en tout, dont un à la crèche après une chute, et un autre après que notre satané chat qui était horriblement jaloux l’ai attaquée comme un fauve.

 

Passé l’âge de 3 ans les crises ont définitivement disparu pour n'être plus qu'un mauvais souvenir.

 

 

 

 



12/02/2011
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