Le blog de Sylvie Etche

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El Maestro, mon obstétricien superstar

 

 

EL MAESTRO

 

 

 

Avril 2010

 

Ma grossesse est confirmée.

Nous choisissons la clinique d’Occitanie, à cinq minutes de la maison, pour la venue de Jade. Je me renseigne aussitôt sur les trois obstétriciens qui y travaillent pour faire mon choix. Je pose la question à mon médecin généraliste, qui me dit « Cette clinique est très bien, il y a le Dr Gornes, par exemple ».

 

Dans la foulée je cherche sur internet les forums de discussion qui parlent de la clinique d’Occitanie, et je trouve des dizaines de témoignages sur le Dr Gornes.

Et voici ce qui ressort : les femmes le détestent, les maris le vénèrent…

Les termes qui reviennent régulièrement pour le qualifier sont "macho", "moqueur", "insupportable". Mais de façon unanime : très compétent.

Les 2 autres obstétriciens suscitent beaucoup moins de témoignages.

 

En appelant la clinique pour prendre mon premier rendez-vous, je choisis de laisser le hasard décider pour moi, et je demande à la secrétaire de me donner rendez-vous avec celui des trois obstétriciens qui a une place la plus proche pour un rendez-vous.

La secrétaire me dit « ah ! une place vient de se libérer pour le Dr Gornes !"

Toute inquiète et curieuse de la réputation de ce soi-disant terrible docteur, je prends le rendez-vous.

Je demande à la secrétaire « il est bien ? » 

Elle me répond « hum.. oui ! » sur un ton amusé. Ca promet.

 

Et en effet dès le premier rendez-vous, le Dr Gornes se montre à la hauteur de sa réputation.

Je comprends pourquoi de nombreuses patientes le détestent – mais moi je l’adore déjà.

Il est très différent des autres docteurs.

Il est taquin, familier, il parle beaucoup de lui, il est capable de vous ausculter tout en vous racontant son dernier voyage ou sa dernière acquisition, sans commenter une seule fois ses gestes ou ses observations.

Mais il ne faut pas s’y tromper : il est très consciencieux et ce n’est pas parce qu’il ne commente pas, qu’il ne voit pas.

Il ne laisse rien passer. Il est très professionnel et son diagnostic est assuré.

 

Le jour où j’ai revu mon généraliste durant ma grossesse, il m’a demandé « alors, comment ça se passe avec le Dr Gornes ??» Et quand je lui ai dit « très bien, il est super ! »  il a été soulagé : "Ouf ! tant mieux alors, parce que parfois ça se passe …pas si bien »

Idem avec sa secrétaire, qui me dit « ah bon vous êtes suivie par le Dr Gornes ?? Il est, euh… spécial non ??»

 

Ca m’amuse beaucoup ! Car il est foncièrement gentil comme docteur. Il faut juste savoir le décrypter et ne pas l’aborder au premier degré. Beaucoup de patientes doivent se braquer à cause de son humour.

 

 

Le premier rendez-vous

 

Tout d’abord, il me tutoie d'emblai ! Ca ne me dérange pas le moins du monde, au contraire. C’est juste inhabituel.

 

Il me demande :

- C’est qui qui t’envoie chez moi ? 

- Mon généraliste, je réponds

- Eh bé, tu vas pas être déçue du voyage. Alors je t’explique comment je fonctionne. Avec moi, c’’est prise de poids = 0 kilos en 9 mois. Sinon je veux plus te voir.

 

Glurps. Le ton est donné. Je suppose qu’il plaisante à moitié ? Tout de même, ça calme.

 

Les fois suivantes je vois bien qu’il n’était pas sérieux : un jour il me dit « tu prends 10 ou 12 kilos mais pas plus hein ? »  et un autre jour alors que je lui annonce mon poids (il ne pèse pas les patientes, et c'est vrai que si on ment c’est notre problème) il me dit « arh, c’est trop ça ! J’aurais du te menacer ! »  Je me retiens de lui répondre qu’il l’a fait.

 

On ne sait jamais s’il plaisante ou s’il est sérieux. A une échographie il vous dit « c’est une fille », et à l’autre il vous dit « c’est un garçon, je te l’ai dit ? »

 

 

Au second rendez-vous, Bruno vient avec moi.

 

Dr Gornes le regarde et lui dit en me montrant du menton : « c’est toi qui lui a fait ça ? »

Après quelques échanges de blagues avec Bruno, il se tourne enfin vers moi et me lance :

- Bon, à poil ! 

Je me dresse d’un bond et je réponds « oui chef ! » , alors il regarde Bruno et lui dit, « ouaouh, elle est bien dressée ! »

 

Une autre fois, on vient d’arriver dans son bureau et il me lance : « Tu t’es coiffée avec un râteau ce matin ou quoi ? » …Toujours le mot qu’il faut...

 

 

Juillet 2010 :

 

 

Il réalise mon amniocentèse.

J’ai une trouille bleue de l’intervention.

J’appréhendais la douleur de l’aiguille mais il m’avait assuré qu’il me ferait une anesthésie locale.

Le jour de l’intervention, au moment de commencer il me dit « bon, je te fais la locale ».

OK, ça roule, il procède.

Je sens une toute petite piqure très supportable. Je le vois trafiquer ses ustensiles, (en fait j’ai un drap dessus et je ne vois pas grand-chose) puis ensuite il range tout et il me dit, « Et voilà c’est terminé ».

Ouaouh, super, je n'ai rien senti avec l’anesthésie. On s’en fait tout un monde, et en fait c’est rien du tout l’amniocentèse, me dis-je.

 

Il s’en va. Je demande à l’infirmière :

- Est-ce que je vais avoir mal, quand l'anesthésie ne fera plus effet ? 

Elle me répond d’un air amusé  : « il ne vous a pas fait d’anesthésie.. »  

J’ai cru m’évanouir. Encore un coup du terrible docteur. C’est tout lui !

Mais je suis tellement ravie qu’il m’ait joué ce tour. L’intervention s’est déroulée au mieux, il a été parfait et il a eu bien raison de me mentir.

 

 

Septembre 2010

 

Lors d’un rendez-vous, vers le 6ème mois, il a la bonne idée de me demander comment je vais - ce qui est plutôt rare j’ai remarqué : d’habitude il ne demande pas, il considère peut-être que si on ne dit rien c’est que tout va bien.

Donc cette fois là par accident il me demande. 

Je lui dit que je suis fatiguée et que j'ai mal au dos, que je ne fais plus grand-chose de productif au bureau.

Et au lieu de me dire comme à son habitude "orh ne fais pas ta chochotte", là il ouvre de grands yeux et il me dit, "mais pourquoi tu me demandes pas de t'arrêter ?? "

J’ai envie de lui sauter au cou !

Il me demande combien je veux de jours. Je dis que deux petits jours seraient vraiment les bienvenus.

Il me répond du tac au tac:  Allez je t’en marque huit !

 

Puis à la fin du rendez-vous il me mène à sa secrétaire, et il lui dit :

- Qu'est ce que vous en pensez, on lui donne huit jours ? Non, on va lui en donner quinze. On lui demande quoi en échange ?"

La secrétaire a l’habitude de ses facéties. Elle répond : "un gros gâteau !"

Alors il lance : "vendu, quinze jours contre un gros gâteau !" puis il éclate de rire, il dit je blaaaague, et il me marque...3 semaines !! Youhouuuu !!!!!! Je l'adore.

 

Au rendez-vous suivant, soit 3 semaines après, je suis censée reprendre le travail le jour même mais j’ai rendez-vous avec lui dans l’après-midi donc je ne reprends pas le travail, je fonde tous mes espoirs sur une prolongation de l'arrêt maladie (je précise à ce stade que ce n’est vraiment pas du luxe : 1 heure de rocade matin et soir dans les bouchons, enceinte de 6 mois, c’est trop rude pour le dos et la fatigue).

 

A la fin de la consultation je lui dit "Hem...au fait, pour mon arrêt maladie.... vous pensez que vous pourriez ...?"  

Il me coupe la parole - il a 1h15 de retard, il est un peu pressé - il me dit :

- Demande ce que tu veux à ma secrétaire, elle te le marquera.

 

Ouaouh !! merci Maestro !!! Je demande donc poliment l'arrêt maladie jusqu’au congé maternité… souhait exaucé.

 

 

Le déclenchement

 

 

Au début de ma grossesse, Dr Gornes m’avait dit qu’il avait pour habitude de déclencher les accouchements de ses patientes à 38 ou 39 semaines de grossesse, pour plein de raisons pratiques telles que facilité d’organisation pour les parents et bonnes conditions de travail pour lui et son personnel (comprendre : limiter les accouchements en urgence la nuit par exemple ? )

 

Quand il me l’a dit je l’ai cru sur parole, et j’étais même enchantée de pouvoir accoucher sur rendez-vous. Mais quand je l’ai raconté à ma famille, on m’a dit que c’était surprenant qu’un obstétricien fasse ça.

 

Je me suis alors dit, « zut c’est encore une de ses farces ! » et j’en étais toute déçue tellement accoucher sur rendez-vous me séduisait.

 

Mais voilà qu'au 8ème mois, lors d’une consultation, alors que je lui disais que les dernières semaines étaient très dures il me répond « bon ne t’inquiète pas, on va t’aider à accoucher ».

J’étais perdue. Je ne savais pas comment l’interpréter mais…ça ressemblait fort à un déclenchement ?!

 

La fois d’après, j’en étais au début du 9ème mois, il me dit 

- Alors, comment tu le sens… ? tu te sens d’aller jusqu’au bout ? 

Pour tâter le terrain je réponds :

- Ca peut aller, mais… si vous avez une date à me proposer.. je prends 

 

Bingo ! il prend son agenda et tout naturellement il me dit :

- J’ai une place lundi, tu accouches lundi si tu veux ! »  

Ouaouh !! J’étais sous le choc, mais aussi, heureuse !!!

 

 

29 novembre 2010 : jour J 

 

 

Entrée en clinique la veille au soir, lever à 6h, déclenchement à 8h.

A 17h, après presque 10 heures de travail, Jade va bientôt pointer son nez.

El Maestro est appelé par les sages-femmes pour El Finale.

Moi je suis à l’agonie à cause d’un lamentable échec de péridurale.

Le Maître fait alors son entrée - je redoute un peu son arrivée car, connaissant le personnage, il va encore me gronder, ne pas me ménager et me dire « ne fais pas ta chochotte ».

 

Et là, El Maestro déploie tout son talent.

Au lieu de me crier dessus parce que je ne pousse pas bien, à ma grande surprise il vient à ma hauteur, il me prend dans ses bras d'un geste paternel et bienveillant et il me dit doucement : « Ne t’inquiète pas, je sais que tu as mal, mais on va le sortir ensemble ce bébé, on va y arriver tous les deux ».

Il ne fallait rien de plus. 10 minutes après Jade voit le jour.

 

J'étais dans les vaps, encore sous le coup de ma seconde épisiotomie (qui a dit que pour le deuxième enfant c’est plus facile car le passage est déjà fait ??...tssssst !!) mais je me souviens l’avoir remercié infiniment avant qu’il ne reparte, et aussi m’être ridiculisée en gémissant que je regrettais profondément qu’il n’ait pas réalisé mon premier accouchement. Au moins, c’était sincère.

 

Le lendemain, El Maestro a passé la tête par la porte de ma chambre à la maternité, juste pour me dire : "Coucou je viens faire un bisou à Jade". C'est gentil non ?

Et voici une belle photo souvenir de ce moment.

 

 

 

 

 

 THE GORNES SHOW

 

 

Vendredi 14 janvier 2011, TF1, 20h50

 

Diffusion de l'émission "Le plus grand quizz de France".

Jean-Pierre Foucault et Christophe Dechavanne se déplacent dans les grandes villes de France à la recherche de candidats potentiels pour l'émission.

Et voilà que JP Foucault se rend auprès des professionnels de santé...de la Clinique d'Occitanie !

Visite de la maternité, des jeunes mamans et des équipes de sage-femmes, et...du Dr Gornes ! Qui passe le casting, et échoue sur le nombre de doigts qu'a Mickey Mouse...aaaarrgghhhh !

Respect quand même, Maestro.

 

 



19/10/2012
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